Carot
On m’a arrachée les dents ce matin ; des vieilles bagues d’ado m’ont édentée les plus exposées. Les molaires persistent.
J’aimerai avoir les yeux rouges pleins, ou noirs pour les protéger de la lumière, terrorisante le matin quand elle matérialise ces images, de vieillesses ici.
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Dans l’absurdité d’être coincé dans les plus grandes villes du monde -un conflit partagé par des français- il y a les ambitieux et les végétatifs, en attente.
Il faudrait revenir en arrière, quand on ne savait rien (ces détails ainsi perdus) ; recouper cette année pour en vivre une nouvelle, éviter ses nombreux impaires maudits, arrêter de regarder la persévérance de ceux qui perdent leur temps, ou leurs conditions surchargées de morales désuètes, éteindre la léthargie des membres soudés sur ce béton riche et glaciale, cesser de pressentir la menace, rompre avec Mr Carcan qui assourdit toutes les émotions du réel (insoutenables une fois libérées dans les moments d’isolement). [...]
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J’ai oublié cette carotte dans le frigo, enveloppée dans un sac plastique, elle y est restée plus d’un mois. Je pensais que tout avait pourri, et bien non ! Auto-alimenté par son humidité, elle a germé dans son coin, comme une grande. Je l’ai plantée dans un pot de terre, ses feuilles ont verdi… je me demande quand même si elle va survivre.










Vouloir revenir sur ses pas, C’est omettre que l’on ne va nulle part en définitive.
Et si l’on prend le chemin de l’omission volontaire — une semaine ? — il y a toujours une vieille racine sous le capot pour chatouiller les mémoires. Il reviendra bien vite le temps “quand on ne savait rien”.
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On s’enquière de la survie d’une carotte et s’en suivent diverses prises de consciences… Un véritable truc à vous bouffer la vie :]